lundi 30 avril 2012

Rupture de stock !

Samedi soir, je m'apprêtais à passer le relais au papa pour aller me détendre: voir une pièce de théâtre. Toute contente, tout pimpante, me voilà en route !

Il pleut, je traverse la forêt, la musique à fond dans la voiture (c'est pas mal, parfois de laisser son petit bébé à la maison), waouh, j'ai 20 ans !
Ah, un essuie-glace commence à donner des signes de fatigue ! Mais non, il est mort !!! Je suis obligée d'ouvrir la fenêtre, alors que la pluie bat aussi à l'intérieur de la voiture, mais je suis forte, courageuse et ... motivée pour aller au théâtre ! Quelques laborieux kilomètres plus tard, je suis obligée d'admettre ma défaite. Il pleut comme vache qui pisse et je n'ai plus d'essuie-glace, je dois rebrousser chemin. Après une petite vérification d'usage, je passe un coup de fil à la maison pour annoncer mon échec dans ma mission et là, panique à bord: Mr Cha'Mam m'annonce qu'il ne peut nourrir sa fille car nous sommes en rupture de lait. La boîte est vide. Il est plus de 20h, on vit à la campagne donc pas de supermarché, ni de pharmacie ouverts.

La panique me gagne. Avec ou sans essuie-glace, il faut que je rentre à la maison! Une solution est tout de même trouvée en urgence: nous avons sous la main du lait d'amande, jamais testé, mais en temps de crise, Bienheureuse devra bien aimer, pas le choix !

J'arrive, tant bien que mal à la maison: le bras congelé et mouillé, les essuie-glaces en bataille (le second m'aura aussi lâché en route) et je découvre ma Bienheureuse buvant son biberon. Jusque là tout va bien mais quelle surprise de découvrir le couleur de ce lait d'amande: un camaïeu de bleu-vert. Waouh, ça surprend ! Et pour faire passer le tout, une petite tétée par dessus et tout va bien.
Mais pas de drame. Bienheureuse aime manger et peut importe ce qu'on lui propose elle mange et boit. 

Le drame, c'est finalement moi qui l'ai vécu me retrouvant nez à nez avec ma culpabilité: comment ai-je pu oublier d'acheter le manger de ma chouquette ? 
:( ça m'a foutu un petit coup cette histoire.


mercredi 25 avril 2012

L'art d'enrubanner sa progéniture !

Victoire !!!!
Après près de 6 mois de tentatives, Bienheureuse se laisse enfin dompter dans une écharpe jpmbb.
Rétrospective ... Avant, il y avait l'écharpe et moi et ... Mademoiselle Bienheureuse, fermement décidée à ne pas se laisse porter ! Mais face à elle, ma volonté de fer (de faire!) et à force de douceur, le miracle eut lieu ce soir.






Pour y parvenir, j'ai emprunté à une maman son sling (non, pas son string, comme certains petits rigolos peuvent le penser!): porte-bébé qui se porte de côté, avec un anneau. Essai mardi dernier. Et première petit victoire, ma fille n'a pas contesté !






Deuxième tentative. Lundi, je tente l'installation en sling dans mon écharpe jpmbb. Yeah, elle aime vraiment (enfin, ne soyons pas trop fou-fou), elle ne dit rien.... Mon petit sourire en coin en dit long ....

Et ce soir, je n'avais pas mon appareil photo mais promis, le prochaine fois, vous y aurez droit !


Bonheur vs Galère

Comme pour vous j'imagine, il y a de grands bonheurs et de petites galères et parfois de petits bonheurs pour de grandes galères, je ne déroge pas à la règle!

Mes grands bonheurs font rêver plus d'un parent ! 

Bienheureuse est comme son nom l'indique heureuse, joyeuse d'être là, avec nous. Elle n'est pas avare de sourires, ni de fou-rires. C'est top de passer des journées avec un bébé comme elle, du moment que je sois dans les parages et qu'elle ait quelque chose à se coincer entre les gencives, tout va bien.

Le minuscule galère de ce bébé heureux et curieux, c'est qu'il lui faut toujours de la nouveauté. Mes magnifiques cubes en bois ou autres objets que j'ai méticuleusement choisi pour elle, quant à sa qualité et son éthique à bien vite été remplacé par des bouteilles en plastique ou autres cartons pas bio. Bref, tout ce qui me passe sous la main, fini dans sa bouche !

Bienheureuse est aussi une grande dormeuse. Depuis qu'elle a trois semaines, elle enchaîne les nuits calmes et reposantes. A bientôt 6mois, je peux compter sur les doigts d'une (ou deux) main(s), les nuits qui ont été galères pour nous. Le soir, elle est souvent contente de trouver son lit.

Petit hic à ce sommeil presque parfait: Mademoiselle a très vite exigée du calme et une obscurité totale pour vivre au mieux ses phases de pionçade intensive. Je n'ai pas donc "pu" garder longtemps, collée à moi mon petit bébé. Elle voulait être tranquille dans sa chambre sans subir les sons et lumières de père et mère. OK !

Oui, j'ai un bébé calme, dormeur et heureux, elle est pas belle la vie ?!

Finalement, je laisse de côté les galères pour ce post. Ça fait du bien !


mercredi 11 avril 2012

Se laisser porter

À lire mes articles, soit vous vous dites que je n'ai vraiment pas de chance avec mes projets qui ne se concrétisent qu'à moitié soit, vous vous dites que je me laisse embobiner par mon petit boulet, et pourtant ...

Et pourtant, face à nos beaux projets de parents, il y a un petit être qui arrive avec son caractère, ses envies, sa façon d'être. Alors que faire face à en enfant qui vous fait part de ce dont il a envie ou non ? Rester inflexible me semble difficile devant une petite bouche en cœur incapable de vous faire des caprices. En tout cas, j'ai arrêté de tenter de "forcer" mon bébé à faire ce que j'avais envie qu'il fasse et ce question portage, sommeil ou alimentation.

Nous devons apprendre à nous faire confiance.

Concernant le sommeil de Bienheureuse par exemple. Le co-dodo s'est imposé à nous avec son arrivée car je n'étais pas capable de me séparer de mon bébé, et puis comme elle tétait très très souvent il était aussi plus simple qu'elle soit juste à porter de sein ! Très rapidement, vers 1 mois, elle a manifesté son envie d'être tranquille dans son petit univers (et nous de récupérer quelques centimètres dans notre lit!). Alors j'ai opté pour le berceau à côté de notre lit. Vaine tentative qui n'aura duré que quelques jours et pour une raison très surprenante. Elle aimait dormir les bras en croix et comme les parois de son berceau ne sont pas extensibles, il a fallu troqué le berceau contre un lit. Lit qui a en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, voyagé de notre chambre à celle de bébé. En effet, Émire était déranger par notre lumière, le doux bruit des pages de bouquins qui tournent, etc. Elle réclamait un repos bien mérité, en silence et dans le noir.
J'étais un peu triste de coucher mon petit bébé aussi loin de moi, mais c'est ce qui semblait lui convenir; et c'est aussi grâce à cette tranquillité qu'elle dormait toute la nuit.

Concernant le portage, il y a comment dire un certain fossé entre l'écharpe et Bienheureuse. Elle a adoré être porté les premières semaines de sa vie. Nous, jeunes parents, retrouvions l'usage de nos bras et bébé était heureux blotti contre ses parents. Mais dès qu'elle a su relever la tête et pousser sur ses bras, l'écharpe est comme devenu un scaphandrier pour elle. J'imagine qu'elle devait se sentir limitée dans ses mouvements et son exploration du monde. Après quelques épisodes un peu chaotiques (bébé qui hurle en écharpe vs maman décidée qui ne lâche rien), j'ai pris sur moi: j'ai participé à de nouveaux ateliers de portage, (j'ai aussi acheté une poussette pour me détendre), et je fais régulièrement de nouvelles tentatives pour de courtes durées, certes, mais on dirait qu'elle trouve ça de plus en plus drôle de bouger au rythme de mes pas !

Concernant l'alimentation, je ne reviendrai pas ici, sur mon allaitement galère, j'avais bien commandé un bébé dormeur, mais le mien s'endormait systématiquement au sein, à peine 45 secondes après le début de la tétée. J'ai plutôt envie de parler du début de la diversification. En fait il n'y a pas eu à débattre, dès que ma fille a vu la cuillère que je lui montrais, ses yeux se sont écarquillés, trop heureuse qu'elle était de constater qu'elle allait enfin pouvoir accéder à du "solide". Dès 4 mois, elle commençait à goûter à quelques fruits & légumes. Je sais que le lait doit rester son principal aliment mais elle aime tellement découvrir de nouveaux goûts que nous n'avons pas pu nous empêcher d'attendre... C'est pas le top mais elle est tellement contente avec sa cuillère !

Bon, on est pas encore rendu au stade de se prendre des jouets en bois en plein figure, des concessions il y en aura d'autres, c'est ça le découverte de l'autre et l'apprentissage du bien vivre ensemble !



mardi 10 avril 2012

Le choix de l'accouchement à domicile




Et oui, il faut bien que j'en parle, maintenant que vous savez que ma fille est née à la maison ! Comment une idée aussi étrange peut-elle devenir une évidence?

Avant d'être enceinte, j'avais aussi beaucoup d'idéaux et d'idées reçues. L'accouchement à domicile (AAD) faisait partie de ce pack. Je fabulais sur cette idée mais de la à y songer sérieusement... Mon amoureux lui, était convaincu.
Première démarche, trouver une sage-femme (car il était logique, pour moi de trouver une sage-femme et non un gynéco) pratiquant l'aad dans notre département. Mission loin d'être simple ! Après des dizaines de coups de fil et des messages sur répondeur à l'une d'entre elles, j'apprenais qu'elle était débordée et qu'elle ne pourrait pas nous suivre. Déception et quelques larmes de voir ce projet s'éloigner.
Par chance, une nouvelle connaissance d'un village voisin, me parle de son aad, avec la sage-femme que nous tentions de contacter en vain et de sa rééducation avec une autre pratiquant le suivi global et l'aad à moins de 10 mn de route de la maison; Oh, joie et bonheur !
Et c'est ainsi que nous sommes partis à la rencontre de notre sage-femme.

Dans un premier temps, nous avons évoqué la possibilité de cette naissance à la maison, mais à 3 mois de grossesse, j'avais bien d'autres préoccupations en tête. J'ai donc été emballé par le suivi que me proposait le sage-femme, une rencontre mensuelle, pendant les premiers mois de grossesse. Un moment pour parler, se rencontrer, apprendre à se connaître. La première rencontre avec Jack m'a fait beaucoup de bien. Nous étions tous les trois autour d'un thé, parlant de choses et d'autres. Je n'étais pas considérée comme une patiente, j'étais moi et ça me plaisait.

Les rencontres se sont succédées joyeusement, Jack prenait soin de moi et de JB, qui lui aussi avait droit à quelques massages, ben oui, il fallait qu'il se rende compte de comment me masser pour ça, quoi de plus logique que de tester les sensations ? Nous nous écoutions. Chacun parlait de ce qu'il sentait, vivait à l'instant. Nous tissions des liens de confiance les uns avec les autres. Nous étions tous contents de nous être trouvés.

Plus nous approchions de la date du terme, plus l'accouchement à la maison me semblait évident. Je n'étais pas du tout dans une démarche revendicatrice. Je voulais simplement me sentir en toute confiance pour un événement aussi intime que la naissance de mon bébé. Et quand j'y repense aujourd'hui, j'ai vraiment du mal à m'imaginer les jambes coincées dans des étriers, périnée en l'air, face à des inconnus... Non, j'avais envie d'être peinarde, chez moi, sans regards indiscrets.

Jusqu'au jour J, nous ne pouvions pas prévoir si l’accouchement aura lieu à la maison ou non, et ce pour plusieurs raisons:
1 - La sage-femme devait être présente (ce qui n'était pas gagné quand on connaît son emploi du temps), d'ailleurs nous nous étions tous engagé en toute connaissance de cause.
2 - Le bébé devait se présenter dans une position propice à la naissance: tête en bas (sachant qu'un mois avant le bébé n'était pas retourné, le suspens restait de mise).
3 - Le travail devait se dérouler sans souffrance ni pour le bébé, ni pour moi.
4 - Je me laissais aussi la possibilité de changer d'avis !
Le suspens aura vraiment duré .... puisque le jour du terme, pas de bébé en vue, aucun signe d'arrivée imminente. Il aura fallu une visite à l'hôpital, un re-calcul de la date du terme (oui, l'échographiste s'était planté), et une bonne dose de patience pour enfin connaître notre sort !

Autour de nous, la naissance à la maison posait question. Nous n'avons jamais caché ce projet, que ce soit à la famille ou aux amis, ou bien au personnel médical (notamment ceux de l'hôpital). Parler à tous de ce projet, c'était nous exposer à des remarques, critiques et il était souvent difficile de garder le cap. Il fallait rassurer nos parents, mais aussi "convaincre" nos grands-parents, eux qui vivent l'accouchement à l'hôpital comme un gage de sécurité. Il y a ceux qui vous prennent pour de grands malades mentaux, une espèce de hippies sectaires, ceux qui trouvent ça super, mais qui "pourraient pas" et les enthousiastes.
Bref, il fallait garder le cap !
Quant à moi, je croyais en mes capacités de faire naître mon bébé sous le regard bienveillant de Jack. Je m'en pensais capable, mais je ne savais pas comment je supporterais les efforts de la naissance, je ne savais pas non plus si la peur prendrait le dessus. Toujours est-il que je ne me fermais aucune porte. Je pensais que j'accoucherais comme je le pourrais... que ce soit à la maison ou ailleurs. JB, lui, croyait en lui, en moi, en bébé et en Jack. Il était confiant, quoi !

Finalement, Chouquette est née à la maison, et j'ai envie de dire qu'heureusement que nous avions prévu cette naissance à domicile car je n'aurai jamais eu le temps d'aller au CHU. Ils sont bien gentils avec leur conseil; à la question "Quand venir à la maternité?", réponse "quand vous ressentez des contractions toutes les moins de 5mn depuis au moins deux heures". Moi, à ce stade, j'avais déjà ma fille dans les bras !



Allaiter bébé ... autrement






Avant la naissance de ma fille, allaiter me semblait aussi naturel qu'évident. Il ne pouvait en être autrement. Sauf que ...

Dès sa naissance, ma fille a tout de suite été mise au sein. Et malgré les petits désagréments du début et une mise en route un peu longue, je croyais à cet allaitement. Puis les jours passaient, mon bébé pleurait beaucoup, mais je n'étais pas inquiète, car elle prenait correctement le sein, nous avions corrigé les erreurs de débutants concernant les positions. Puis nous étions bien, collées toute la journée l'une contre l'autre. Toute la journée, enfin presque, parce que mon bébé ne pouvait pas rester éveillée au sein très longtemps, elle y était tellement bien, qu'elle s'endormait toujours après quelques minutes.
Tout allait bien, sauf que, mon bébé ne prenait pas de poids. Après un peu plus de 15 jours, quelques signes alertaient la sage-femme: Bienheureuse n'avait toujours pas repris son poids de naissance et pas de selles. Il était temps de réagir. Mon bébé avait faim.
Nous avons donc décidé, de compléter l'allaitement par du lait artificiel. Et quelle tristesse, pour moi de devoir lui donner ! Enfin, façon de parler puisque je n'arrivais justement pas à lui donner son biberon. C'est mon compagnon qui se chargeait de cette tâche. Ce complément était envisagé comme une béquille à ce moment T, il fallait du temps (un peu plus que la moyenne) pour que mon allaitement se mette en place. Sur les conseils et le soutien de ma sage-femme, je décidais de précéder les biberons, d'une tétée pour continuer à stimuler la lactation.

J'étais vraiment perdue, désorientée à ce moment. Je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à allaiter. Devoir me justifier en permanence ne m'aidait pas. Justifier aux "pro-allaitement" que j'avais tout essayé. Justifier aux "pro-biberon" ce qu'ils considéraient comme un acharnement. Il fallait aussi que je me prenne en pleine figure tous ces conseils, remarques, que je prenais forcément mal. J'étais vraiment déstabilisée, comme si cette incapacité à nourrir ma fille me renvoyait un incapacité à m'occuper d'elle simplement.

Puis j'avais face à moi ce tout petit bébé, enfin heureux et apaisé par un estomac rempli. J'étais forcée de constater que depuis le complément mon bébé était plus éveillé. Cependant, je ne lâchais rien. Ma fille prenait le sein aussi souvent qu'elle le souhaitait et quoiqu'il arrive avant chaque complément. Le tire-lait était devenu mon meilleur ami (malgré les longues périodes de sommeil de mon bébé la nuit, mon réveil sonnait inlassablement signe qu'il était l'heure de passer un peu de temps avec mon nouvel ami). Je ne comptais plus les litres de tisanes d'allaitement bus, et c'était sans compter sur mes granules homéopathiques et autre Galactogil. Sur les conseils d'une amie, je testais un certain temps, le DAL (Dispositif d'Aide à la Lactation) dont parler tous les bouquins de la leche league (pour celles qui ne connaissent pas, je vous laisse vous aventurer sur le net). Bref, j'avais vraiment tout essayé.

Grâce au soutien, sans faille, de mon compagnon et de la sage-femme, toujours bienveillante et protectrice, j'ai réussi à trouver mon petit rythme allaitement au sein et au biberon. J'acceptais enfin de donner le biberon à ma fille sans culpabilité et elle prenait toujours le sein avec plaisir.
J'aurais aimé, trouver encore plus de personnes bienveillantes. Certaines de mes amies l'étaient, d'autres un peu moins.
Je ne me suis pas tournée vers la leche league, par peur d'être culpabilisée encore plus (j'avais besoin de tout sauf de ce regard), je n'ai pas non plus contacté de consultante en lactation, car ma sage-femme, me semblait la mieux placer pour me conseiller et m'écouter (elle en a d'la bouteille et je ne pouvais trouver plus bienveillant à mon égard!).

Aujourd'hui, plus de 5 mois après la naissance de mon bébé, je savoure chaque jour la victoire de mon allaitement. Et c'est finalement le recours aux biberons de lait artificiel qui aura sauvé mon allaitement. Je ne savais pas si je teindrai le coup et puis si, tout se fait naturellement, autrement !

Je tenais à écrire ce message parce que j'aurai bien aimé, dans mes moments de doutes, trouver et rencontrer plus de bienveillance (je tiens beaucoup à ce mot). Il n'est pas simple de justifier cette défaillance physiologique qui ne m'a pas permis d'allaiter exclusivement mon bébé.
Je suis capable aujourd'hui, d'expliquer à des mères, que j'appartiens à cette rare catégorie de mères qui n'ont pas assez de lait pour nourrir leur petite merveille. C'est dur, car on entend souvent que "manquer de lait n'existe pas", et pourtant si... et finalement ce n'est pas grave. Chacune fait comme elle peut, comme elle veut.

Chaque mère a ses limites, à respecter !


mercredi 4 avril 2012

Portage

Bien avant la naissance de ma Mirette, deux jolies écharpes jpmbb avaient déjà trouvé leur place à la maison. Je rêvais de porter ma fille tout le temps, partout !
À 5 mois de grossesse, je participais à mon premier atelier de portage, pour comprendre comment m'enrouler dans ces 5 mètres de tissu et aussi pour comprendre les enjeux d'un portage physiologique. En théorie, tout se passait comme prévu. Puis, bébé est arrivé. Je l'ai rapidement porté contre moi aussi souvent que possible, j'étais heureuse de l'avoir contre moi. Elle était aussi bien avec moi qu'avec son papa.
Puis, plus ma petite s'éveillait moins elle appréciait de se retrouver "saucissonnée" dans cette écharpe. Déception. Et plus j'essayais, plus ma Chouquette se raidissait. La vue sur mon tee-shirt ne l’intéressait plus du tout et me le faisait comprendre en se mettant dans toutes sortes de positions improbables (allant même jusqu'à se mettre à l'horizontal ! Étrange enfant...).
Bon, je ne me suis pas écharnée, j'ai laissé de côté mes nerfs de capricieuse et j'ai pris sur moi (Ah, ce qu'on laisse de côté pour faire bonne figure devant un petit bout), mais avec un pincement au cœur.

Aujourd'hui, j'ai tenté un nouvel atelier, histoire de vérifier que je ne suis pas complètement gourde avec mon écharpe et aussi pour observer si Bienheureuse persiste et signe dans sa position débout-toute-raide en écharpe.
Verdict de la monitrice: non je n'hallucine pas, ma fille ne veut pas s'asseoir dans cette écharpe, et on a essayé devant, sur la hanche, dans le dos; rien à faire Mam'zelle Bienheureuse conteste.

Bon, ben j'ai plus qu'à pousser ma poussette.... pour le moment. Ce n'est sans doute pas le bon moment pour elle. Je me contente de courtes promenades en écharpe !

Naissance

Voilà un peu plus de cinq mois que j'ai donné naissance à ma fille. Il est temps pour moi de revenir sur cet événement extra-ordinaire. J'ai déjà écrit un récit, pour elle, très peu de temps après sa venue au monde. Mais il m'aura aussi fallu du temps pour digérer puis intégrer cet événement à ma vie.
Cette naissance s'est déroulée très rapidement, peut-être un peu trop pour moi. J'ai, dans un premier temps, eu l'impression de ne pas avoir accouché, aussi étrange que cela puisse paraître. Comme s'il manquait un élément à la construction de l'histoire. J'explique aujourd'hui cette "difficulté" (qui n'en est pas une !) par le contre-coup de l'accouchement dit idéal: rapide et sans souffrance. Rapide, parce qu'entre la rupture de la poche des eaux et la naissance de ma fille, deux toutes petites heures se sont écoulées; et sans souffrance ne signifie pas sans douleurs, mais celles-ci étaient motivées, je préfère parler d'efforts.

J'ai, dans un premier temps, eu du mal à m'exprimer sur cette naissance car je m'en suis sentie absente. Absente ? Et bien oui, mon esprit s'était effacé pour laisser le corps agir, accompagner mon bébé. Aujourd'hui, je comprends cette "absence". Je ne l'étais pas, j'étais simplement connectée, reliée à autre chose, à quelque chose d'inhabituel, d'exceptionnel. J'étais tout simplement avec mon bébé et plus vraiment à moi. Je n'étais pas absente puisque je me souviens de ce jour si particulier. Je me souviens de chaque détail, chaque émotion. Cette naissance est celle que je voulais offrir à mon bébé.
Aujourd'hui les éléments sont reliés. En voici, le récit:

Nous sommes le 2 novembre, J+4 du terme. Tu montres les premiers signes de ta venue au monde !

La veille, mardi 1er novembre, j'ai ressenti deux contractions, juste deux, me prévenant de ton arrivée toute proche. Le lendemain matin, il est 5 heures et je m'éveille par une contraction. Pater dort encore. Je me lève. 6 heures, deuxième contraction, 7 heures, troisième contraction, etc. Le travail commence tranquillement. À 8h30, je décide d'appeler Jack, la sage-femme qui m'accompagne depuis le troisième mois de grossesse. Je la préviens du début du travail. Elle passera me voir bientôt.

À 10h15, la poche des eaux se rompt discrètement. Nous sommes tranquilles dans notre maison, Pater notant scrupuleusement les heures précises des contractions (son geste méticuleux prendra vite fin). Les contractions semblent se rapprocher sans être trop douloureuses, ton arrivée se fera dans la douceur. C'est à ce moment là que Jack nous rend visite à la maison. Elle nous approche doucement et nous confirme avec le sourire que tout va bien. J'ai des contractions toutes les 30 mn, que je supporte bien. Jack nous laisse vivre ce travail à deux, elle reviendra plus tard. "Plus tard", ce n'est pas maintenant que mon bébé va naître ?
Non, pas tout de suite. Et quand est-ce que je saurai à quel moment rappeler ma sage-femme ? Elle me dit qu'à un moment, le travail "basculera". On se fait confiance. Nous savons et elle nous le rappelle, qu'elle viendra dès que nous aurons besoin d'elle.

A peine 15 mn après le départ de Jack, tout s'accélère rapidement, les contractions ne sont plus espacées de 30 mn mais de 3, le tout sans transition. Il devient difficile pour moi de trouver des positions dans lesquelles elles ne soient pas douloureuses. J'ai envie de faire pipi, je me pose sur les toilettes et là, oh miracle, je me sens bien !
Pater décide d'appeler calmement Jack pour qu'elle revienne, alors que je suis surprise par une nouvelle sensation: ça pousse, et cela me surprend tellement que je hurle. Pater, quant à lui, n'est plus tout-à-fait calme face à ma réaction. La puissance des sensations que produit mon corps m'étonne, me surprend, m'envahit. Je comprends alors que je ne suis plus maître. Je n'ai plus d'autre choix que de me laisser aller, j'essaie d'écouter ce que me dit mon bébé, de suivre ses poussées. Mon seul exutoire, c'est Pater qui me le souffle: je peux crier, accompagner cette douleur par la voix.

Jack arrive quelques minutes plus tard, elle me trouve dans les toilettes et m'en déloge finalement. Je retrouve ma chambre et le futon installé au sol pour la naissance. Genoux au sol, ma tête et mes bras reposent sur un énorme ballon. Je souffle, respire. Pater sait soulager les douleurs, il me masse consciencieusement, répète inlassablement les mouvements que nous avons appris lors de séances de shiatsu. Nous vivons une incroyable fusion à ce moment T: nous n'échangerons que peu de paroles pendant cette toute petite heure. Les massages me permettent de récupérer entre chaque contraction. Je récupère tellement bien que je manque de m'endormir. Je ne souffre pas, j'accompagne mon bébé. Mon esprit s'absente pour laisser au corps ce qu'il sait faire, ce qu'il a à faire.
Jack est présente mais discrète, laissant toute la place notre "savoir" de parent. Elle est là, et me rassure quant à deux reprises, j'émets des doutes sur l'efficacité de mes poussées. Elle me dit de me faire confiance, que ce sur je fais est très bien. Et j'ai confiance en elle. Pater me murmure que je fais un super boulot. Et j'ai confiance en lui. Mon bébé pousse et j'écoute son envie de venir nous rencontrer. Et j'ai confiance en lui. J'ai alors confiance en moi.

Puis, derniers efforts, mon bassin bascule en avant et mon bébé arrive. Jack l'accueille, le couvre bien vite et me le présente. Il est là, entre mes jambes. Et le temps reste suspendu ....
Je reste "absente" quelques secondes. Pause. Puis je croise le regard de ce petit être: mon bébé, tu es là ! Nous nous regardons intensément, profondément. Je caresse ton visage, je sens ta peau. Je te reconnais.

 


Quelques minutes plus tard, nous nous installons au lit, sous la couette. Nous sommes bien au chaud, collés l'un contre l'autre. Pendant que Jack s'occupe de moi, je ne quitte pas du regard (et cela permet de supporter les derniers efforts physiques pour la délivrance et les petits points de suture dont j'ai besoin pour réparer les traces de ton passage).
Nous sommes enfin tous les trois au lit. Nous nous regardons tous, comme intimidés. Nous décidons qu'il est temps de savoir si tu es un garçon ou une fille. C'est une fille ! et je ne peux m'empêcher de dire que "je le savais". Nous devons maintenant d'attribuer un prénom. Nous étions fixé depuis une semaine, avant cela nous avions trois prénoms en tête. Nous te nommons É****, comme ton arrière-arrière-grand-mère paternelle. On se dit que c'est un peu fou comme prénom, mais nous aimons cette sonorité slave, qui nous rappelle notre rencontre à Prague à l'été 2002.

Jack toujours aussi discrète, veille sur nous, pendant encore quelques heures. Nous sommes heureux, d'avoir partagé cette naissance en toute intimité, en toute simplicité, à la maison !

Bienvenue É !


Grossesse

Août 2011 - 7ème mois de grossesse -
Peinture réalisée par ma petite sœur de 4 ans (et oui, c'est une très jeune tante!)


Comment résumer en quelques lignes les états par lesquels je suis passée durant ces 9 mois de grossesse, il y eu beaucoup de joie, de bonheur, mais aussi des surprises, des contrariétés, de grandes sautes d'humeur, bref de véritables montagnes russes !

Tout commence réellement le 20 février 2011 quand je réalise mon premier test de grossesse. Le résultat est positif, un petit être grandit en moi, c'est une idée folle ! Je ne pensais pas "tomber enceinte" aussi rapidement, quel beau cadeau de la vie. Je suis suis contente et mon amoureux aussi. Nous planons. Nous gardons jalousement notre petit secret pendant quelques semaines, mais pas trop. Je suis impatiente que je l'annonce très rapidement à ma famille: ma mère, mon père, mes frère & sœur.
Puis vient le moment de la première échographie, on nous vend cet événement comme une rencontre avec notre "héritier" (Non, vous ne rêvez pas, l'échographiste termine l'examen avec ces termes: "Voilà l'héritier"!!!!!). Mon amoureux pleure de voir ce bébé bouger en moi. Moi, toute en émotions, je suis un peu gênée de t'avoir dérangé. Tu semblais si paisible que de voir un étranger te secouer pour vérifier ta vivacité me laisse perplexe.
Je réalise que je te porte en moi, c'est dingue. Nous annonçons aux amis à la famille que bientôt nous serons trois !

Plus les mois passent, plus mon ventre s'arrondit et plus je ne pense qu'à une seule chose: mon bébé ! J'ai envie & besoin de me consacrer à cette grossesse. Avec l'accord de mon médecin et de ma sage-femme, je suis en arrêt maladie dès le cinquième mois de grossesse. Je suis heureuse et épanouie dans ma bulle.

Je prépare tranquillement l'arrivée de mon bébé, dans mon corps, dans ma tête. Je m'y prépare avec les rendez-vous mensuels avec ma sage-femme, en entassant dans la maison ce que les amis et la famille nous donne, nous prête. C'est super de voir et de sentir la présence de tous autour de mon ventre.

Le neuvième et dernier mois de cette grossesse est celui que j'ai le mieux vécu: un mois sous le signe du nombrilisme et du plaisir:
je n'étais plus à me poser des millions de questions sur mon poids,de toutes façons les 17 kg en plus étaient là..., alors je me suis fait plaisir tous les jours !
je ne me demandais plus non plus, si nous serions de bons parents, puisque nous allions l'être et nous en étions plus qu'heureux !
je n'étais plus impatiente de voir le temps défiler puisque nous y étions !

lundi 2 avril 2012

Pourquoi ...

... ce blog ?
Pour partager un peu de cette grande aventure qu'est la parentalité.
Partager car nous sommes souvent seul-e-s face à nos angoisses, nos questionnements, nos doutes de jeunes parents, et qu'il est parfois délicat d'en parler avec ses proches (qui trouvent toujours les bons mots pour remettre en cause telle ou telle manière de faire), un blog, c'est pas mal !
Pour causer, papoter, rigoler de ces nouvelles expériences (ces petits êtres que sont nos bambins en ont tout de même de bonnes ... blagues).
Bonne route avec nous.