mardi 10 avril 2012

Allaiter bébé ... autrement






Avant la naissance de ma fille, allaiter me semblait aussi naturel qu'évident. Il ne pouvait en être autrement. Sauf que ...

Dès sa naissance, ma fille a tout de suite été mise au sein. Et malgré les petits désagréments du début et une mise en route un peu longue, je croyais à cet allaitement. Puis les jours passaient, mon bébé pleurait beaucoup, mais je n'étais pas inquiète, car elle prenait correctement le sein, nous avions corrigé les erreurs de débutants concernant les positions. Puis nous étions bien, collées toute la journée l'une contre l'autre. Toute la journée, enfin presque, parce que mon bébé ne pouvait pas rester éveillée au sein très longtemps, elle y était tellement bien, qu'elle s'endormait toujours après quelques minutes.
Tout allait bien, sauf que, mon bébé ne prenait pas de poids. Après un peu plus de 15 jours, quelques signes alertaient la sage-femme: Bienheureuse n'avait toujours pas repris son poids de naissance et pas de selles. Il était temps de réagir. Mon bébé avait faim.
Nous avons donc décidé, de compléter l'allaitement par du lait artificiel. Et quelle tristesse, pour moi de devoir lui donner ! Enfin, façon de parler puisque je n'arrivais justement pas à lui donner son biberon. C'est mon compagnon qui se chargeait de cette tâche. Ce complément était envisagé comme une béquille à ce moment T, il fallait du temps (un peu plus que la moyenne) pour que mon allaitement se mette en place. Sur les conseils et le soutien de ma sage-femme, je décidais de précéder les biberons, d'une tétée pour continuer à stimuler la lactation.

J'étais vraiment perdue, désorientée à ce moment. Je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à allaiter. Devoir me justifier en permanence ne m'aidait pas. Justifier aux "pro-allaitement" que j'avais tout essayé. Justifier aux "pro-biberon" ce qu'ils considéraient comme un acharnement. Il fallait aussi que je me prenne en pleine figure tous ces conseils, remarques, que je prenais forcément mal. J'étais vraiment déstabilisée, comme si cette incapacité à nourrir ma fille me renvoyait un incapacité à m'occuper d'elle simplement.

Puis j'avais face à moi ce tout petit bébé, enfin heureux et apaisé par un estomac rempli. J'étais forcée de constater que depuis le complément mon bébé était plus éveillé. Cependant, je ne lâchais rien. Ma fille prenait le sein aussi souvent qu'elle le souhaitait et quoiqu'il arrive avant chaque complément. Le tire-lait était devenu mon meilleur ami (malgré les longues périodes de sommeil de mon bébé la nuit, mon réveil sonnait inlassablement signe qu'il était l'heure de passer un peu de temps avec mon nouvel ami). Je ne comptais plus les litres de tisanes d'allaitement bus, et c'était sans compter sur mes granules homéopathiques et autre Galactogil. Sur les conseils d'une amie, je testais un certain temps, le DAL (Dispositif d'Aide à la Lactation) dont parler tous les bouquins de la leche league (pour celles qui ne connaissent pas, je vous laisse vous aventurer sur le net). Bref, j'avais vraiment tout essayé.

Grâce au soutien, sans faille, de mon compagnon et de la sage-femme, toujours bienveillante et protectrice, j'ai réussi à trouver mon petit rythme allaitement au sein et au biberon. J'acceptais enfin de donner le biberon à ma fille sans culpabilité et elle prenait toujours le sein avec plaisir.
J'aurais aimé, trouver encore plus de personnes bienveillantes. Certaines de mes amies l'étaient, d'autres un peu moins.
Je ne me suis pas tournée vers la leche league, par peur d'être culpabilisée encore plus (j'avais besoin de tout sauf de ce regard), je n'ai pas non plus contacté de consultante en lactation, car ma sage-femme, me semblait la mieux placer pour me conseiller et m'écouter (elle en a d'la bouteille et je ne pouvais trouver plus bienveillant à mon égard!).

Aujourd'hui, plus de 5 mois après la naissance de mon bébé, je savoure chaque jour la victoire de mon allaitement. Et c'est finalement le recours aux biberons de lait artificiel qui aura sauvé mon allaitement. Je ne savais pas si je teindrai le coup et puis si, tout se fait naturellement, autrement !

Je tenais à écrire ce message parce que j'aurai bien aimé, dans mes moments de doutes, trouver et rencontrer plus de bienveillance (je tiens beaucoup à ce mot). Il n'est pas simple de justifier cette défaillance physiologique qui ne m'a pas permis d'allaiter exclusivement mon bébé.
Je suis capable aujourd'hui, d'expliquer à des mères, que j'appartiens à cette rare catégorie de mères qui n'ont pas assez de lait pour nourrir leur petite merveille. C'est dur, car on entend souvent que "manquer de lait n'existe pas", et pourtant si... et finalement ce n'est pas grave. Chacune fait comme elle peut, comme elle veut.

Chaque mère a ses limites, à respecter !


2 commentaires:

  1. Très beau message.
    Et j'adhère totalement à ce souhait de bienveillance.
    Félicitations d'avoir trouvé votre équilibre, c'est le principal.
    Adele

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