mardi 10 avril 2012

Le choix de l'accouchement à domicile




Et oui, il faut bien que j'en parle, maintenant que vous savez que ma fille est née à la maison ! Comment une idée aussi étrange peut-elle devenir une évidence?

Avant d'être enceinte, j'avais aussi beaucoup d'idéaux et d'idées reçues. L'accouchement à domicile (AAD) faisait partie de ce pack. Je fabulais sur cette idée mais de la à y songer sérieusement... Mon amoureux lui, était convaincu.
Première démarche, trouver une sage-femme (car il était logique, pour moi de trouver une sage-femme et non un gynéco) pratiquant l'aad dans notre département. Mission loin d'être simple ! Après des dizaines de coups de fil et des messages sur répondeur à l'une d'entre elles, j'apprenais qu'elle était débordée et qu'elle ne pourrait pas nous suivre. Déception et quelques larmes de voir ce projet s'éloigner.
Par chance, une nouvelle connaissance d'un village voisin, me parle de son aad, avec la sage-femme que nous tentions de contacter en vain et de sa rééducation avec une autre pratiquant le suivi global et l'aad à moins de 10 mn de route de la maison; Oh, joie et bonheur !
Et c'est ainsi que nous sommes partis à la rencontre de notre sage-femme.

Dans un premier temps, nous avons évoqué la possibilité de cette naissance à la maison, mais à 3 mois de grossesse, j'avais bien d'autres préoccupations en tête. J'ai donc été emballé par le suivi que me proposait le sage-femme, une rencontre mensuelle, pendant les premiers mois de grossesse. Un moment pour parler, se rencontrer, apprendre à se connaître. La première rencontre avec Jack m'a fait beaucoup de bien. Nous étions tous les trois autour d'un thé, parlant de choses et d'autres. Je n'étais pas considérée comme une patiente, j'étais moi et ça me plaisait.

Les rencontres se sont succédées joyeusement, Jack prenait soin de moi et de JB, qui lui aussi avait droit à quelques massages, ben oui, il fallait qu'il se rende compte de comment me masser pour ça, quoi de plus logique que de tester les sensations ? Nous nous écoutions. Chacun parlait de ce qu'il sentait, vivait à l'instant. Nous tissions des liens de confiance les uns avec les autres. Nous étions tous contents de nous être trouvés.

Plus nous approchions de la date du terme, plus l'accouchement à la maison me semblait évident. Je n'étais pas du tout dans une démarche revendicatrice. Je voulais simplement me sentir en toute confiance pour un événement aussi intime que la naissance de mon bébé. Et quand j'y repense aujourd'hui, j'ai vraiment du mal à m'imaginer les jambes coincées dans des étriers, périnée en l'air, face à des inconnus... Non, j'avais envie d'être peinarde, chez moi, sans regards indiscrets.

Jusqu'au jour J, nous ne pouvions pas prévoir si l’accouchement aura lieu à la maison ou non, et ce pour plusieurs raisons:
1 - La sage-femme devait être présente (ce qui n'était pas gagné quand on connaît son emploi du temps), d'ailleurs nous nous étions tous engagé en toute connaissance de cause.
2 - Le bébé devait se présenter dans une position propice à la naissance: tête en bas (sachant qu'un mois avant le bébé n'était pas retourné, le suspens restait de mise).
3 - Le travail devait se dérouler sans souffrance ni pour le bébé, ni pour moi.
4 - Je me laissais aussi la possibilité de changer d'avis !
Le suspens aura vraiment duré .... puisque le jour du terme, pas de bébé en vue, aucun signe d'arrivée imminente. Il aura fallu une visite à l'hôpital, un re-calcul de la date du terme (oui, l'échographiste s'était planté), et une bonne dose de patience pour enfin connaître notre sort !

Autour de nous, la naissance à la maison posait question. Nous n'avons jamais caché ce projet, que ce soit à la famille ou aux amis, ou bien au personnel médical (notamment ceux de l'hôpital). Parler à tous de ce projet, c'était nous exposer à des remarques, critiques et il était souvent difficile de garder le cap. Il fallait rassurer nos parents, mais aussi "convaincre" nos grands-parents, eux qui vivent l'accouchement à l'hôpital comme un gage de sécurité. Il y a ceux qui vous prennent pour de grands malades mentaux, une espèce de hippies sectaires, ceux qui trouvent ça super, mais qui "pourraient pas" et les enthousiastes.
Bref, il fallait garder le cap !
Quant à moi, je croyais en mes capacités de faire naître mon bébé sous le regard bienveillant de Jack. Je m'en pensais capable, mais je ne savais pas comment je supporterais les efforts de la naissance, je ne savais pas non plus si la peur prendrait le dessus. Toujours est-il que je ne me fermais aucune porte. Je pensais que j'accoucherais comme je le pourrais... que ce soit à la maison ou ailleurs. JB, lui, croyait en lui, en moi, en bébé et en Jack. Il était confiant, quoi !

Finalement, Chouquette est née à la maison, et j'ai envie de dire qu'heureusement que nous avions prévu cette naissance à domicile car je n'aurai jamais eu le temps d'aller au CHU. Ils sont bien gentils avec leur conseil; à la question "Quand venir à la maternité?", réponse "quand vous ressentez des contractions toutes les moins de 5mn depuis au moins deux heures". Moi, à ce stade, j'avais déjà ma fille dans les bras !



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