samedi 26 mai 2012

Lettre ouverte à la mère que je ne suis pas

Avant la naissance de ma fille, je m'imaginais bien-sûr en mère parfaite: jamais un mot de travers, aimante, joueuse, hyper dynamique, parfaite quoi!
Je n'imaginais pas à quel point ma Bienheureuse allait me remettre en question chaque jour, repoussant inlassablement les frontières de ma patience, me confrontant au meilleur, comme au pire, de ma personnalité.

Ce billet d'humeur fait suite à deux soirées particulièrement "difficiles" à vivre, pour nous jeunes parents qui souhaitons, nous remettre en selle socialement. En quelques semaines, nous avons été invité à plusieurs reprises chez nos super potes, eux aussi parents. 

Première soirée. Bienheureuse a 5 mois. On tente innocemment de coucher notre fille dans l'une des deux chambres de la maison (les deux étant occupées par les enfants). Bon, elle pleure. Normal, elle n'est pas chez elle. Mais elle chouine de plus en plus fort et risquerait de réveiller un des anges endormi avec elle. Nous récupérons donc l'enfant. Ce n'est pas grave, elle est petite, on la garde avec nous, sur les genoux ou à jouer, elle finira bien par s'endormir. Une heure passe, deux heures passent et l'enfant n'a visiblement pas sommeil, en tout cas, ne semble pas décidé à s'apaiser et plus les minutes passent, moins en semble contente d'être avec nous. Le sein de sa mère, les bras de son père peinent à venir à bout d'un sommeil qui semble fragile à installer. C'est finalement un gros bib qui finira par avoir raison de Mirette.... Elle s'endort dans les bruits des cartes et des verres swinguant sur la table. 

Deuxième soirée. Bienheureuse a 6 mois. Nous optons pour une solution plus "tranquillisante" pour nous: confier notre fille à l'un de ses grands-parents. J'écris tranquillisante entre grouillements car finalement ce n'est pas simple de profiter d'une soirée en s'éloignant de son bébé. Vous pouvez rire, on a appelé 3 fois à la maison pour nous entendre dire qu'elle dormait paisiblement, c'est bête mais ça rassure !

Troisième soirée, hier. Émire a 6 mois et demi. Elle profite avec nous des copains. Il est 22h passé, nous sommes donc bien loin de son heure d'endormissement habituel (vers 20h), mais ce n'est pas grave, on profite ensemble dans la bonne humeur ! Quelques signes de fatigue se font apercevoir. On la pose dans son domaine restreint: un cosy (rappelez-vous qu'elle aime l'espace de son lit pour s'y étendre). Et on s'y dit qu'on va se promener en campagne pour l'endormir. JB y va. Au retour, l'enfant continue de se frotter les yeux, mais ne dort pas. Pas grave. Elle recommence à contester et est vraiment fatiguée. Cette fois, c'est moi, qui me colle à la promenade. Bienheureuse n'est plus du tout contente, cherche son sommeil en vain. Il faut qu'on la couche, oui mais où? Dans la première chambre, dort un autre bébé, la second est un lieu de passage pour la salle de bain (on est à une soirée entre potes, les toilettes vont être utilisés c'est sûr....). Dilemme. On tente de la coucher avec l'autre bébé. JB reste près d'elle une bonne demie-heure. Je vais voir s'il a besoin de relève. Bienheureuse ne dort toujours pas et semble plutôt décidé à nous montrer ses nouvelles prouesses physiques. Bon, je prends la relève et caresse délicatement et inlassablement les petites jambes de bébé et là, j'y crois. Ses paupières sont lourdes, plus de mouvement et......... c'est reparti pour un tourné-boulé ventre-dos-dos-ventre-etc. Bon sang, c'est pas possible ! D'autant qu'elle a peu dormi dans la journée. Elle est bien fatiguée, non ?
Impossible de la laisser s'exprimer quelques instants, comme elle le fait habituellement à la maison juste avant de tomber de fatigue, elle risquerait de réveiller sa compagne de chambre. 
On baisse les bras, il est minuit, Bienheureuse réclame repos et espace libre pour exprimer sa fatigue. Pauvres parents que nous sommes, on rentre tout penauds chez nous, en laissant nos potes en tête à tête avec leur binouze ....
Et là, je vis comme un véritable bras de fer ce genre de situation. Ma fille est fatiguée de ne pas pouvoir s'endormir comme elle aime, dans un lit (visiblement le sien à elle fait des miracles), moi, je le suis aussi fatiguée, d'avoir passé du temps avec elle, pour elle, pour l'endormir et d'avoir pas profité des copains. Je suis en colère, non pas contre ma fille, mais contre moi, incapable de gérer l'endormissement de ma fille hors de la maison, quand il n'y a pas de "place", cad une chambre, pour elle.

Sur le chemin du retour, puisque l'enfant s'est endormi en deux virages !, nous imaginons les solutions diverses et variées pour pouvoir vivre sereinement un endormissement hors-maison (et sans chambre pour elle) et une soirée tranquille entre copains:
Solution 1: Ne plus sortir
Solution 2 (idée du papa): planter une tente 2" dans le jardin des copains pour endormir Bienheureuse.
Solution 3 (idée de Cha'Mam): aménager un coin dans notre futur super monospace pour que Bienheureuse se sente bien et dorme en toute sereinement (pour le moment le plan spacieux en 205 est un peu compromis).

Bref, toute cette histoire pour vous raconter les limites de ma patience. Pour dire à quel point je culpabilise d'être furieuse dans ce genre de situation où on a qu'une envie c'est de demander à son petit POURQUOI il ne dort pas ici,  n'importe où, aux creux des bras d'un de ses parents ? Peut-être faut-il simplement se dire que c'est comme ça pour le moment, Bienheureuse a besoin de se sentir à l'aise, en sécurité, dans un lit d'enfant, dans une chambre où elle peut gazouiller... Bref, je ne sais pas mais c'est pas mal d'en causer ici !

Souvenir, souvenir d'une époque pas si lointaine (il y a 4 mois) où Bienheureuse dormait qu'il fasse clair ou obscure, ici ou là...

2 commentaires:

  1. Ton article m'a fait sourire. Non pas parce que je me moque hein, mais déjà parce qu'il est bien écrit et puis parce qu'il me rappelle à moi aussi ces sorties chez les copains où t'as vraiment envie de profiter et que ton bébé lui, il a décidé que non, il voulait pas te laisser tranquille même s'il tombe de fatigue. Toi, tu sais qu'il aurait besoin de s'exprimer un peu, montrer qu'il est pas content, pleurer un peu mais tu ne peux pas le laisser s'exprimer librement pour ne pas réveiller les autres enfants. Arf, difficile. Perso, le coin dans la voiture, je ne serais pas rassurée mais c'est mon avis à moi. Peut-être la solution du portage pour qu'elle s'endorme sur ton dos et la transférer ensuite dans une autre pièce? lui mettre un matelas par terre dans la pièce où vous êtes? (les enfants s'endorment parfois même avec du bruit et de la lumière, ils nous étonneront toujours). Bref, tout ça pour dire aussi combien ce n'est pas toujours facile de concilier vie sociale et enfant en bas âge! Et que oui, parfois, on a le droit d'être furieuse et de perdre patience (c'est là qu'on sent qu'être deux c'est quand même de la balle!).

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    1. Rassure-toi Audrey, le plan voiture c'est parce que nos potes (chez qui on est très souvent rendu) ont un jardin dans lequel on peut garer la voiture et qu'on festoie toujours en extérieur !
      Je ne laisserai pas mon bébé en bord de route et moi dans la maison !!!
      Mais qui sait avec mes nouvelles compétences de porteuse, j'arriverai peut-être à l'endormir en écharpe !

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